« Un Con Scient », quand l’art, au-delà de l’esthétique, devient un objet de réflexion philosophique.

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© Samy Yacine Charefi.

Par Ibtissem NOUAR

La philosophie constitue l’unité cohérente de la conscience de soi. L’art arrive pour tout remettre en question, pour semer le doute et l’incompréhension… Dans sa dernière exposition Mizo fait dialoguer l’activité de la pensée avec l’esthétique.

De son vrai nom Hamza Ait Mekideche, artiste visuel, vit et travaille à Alger, s’intéressant aux arts visuels depuis son enfance, captivé par les magazines et les films. C’est en 2003 qu’il commence à étudier la photographie et le design, il travaillera par la suite comme photographe de presse. Il monte sa première exposition personnelle, « Honneur à la femme » en 2008 à la galerie « Ezzou’Art », ses œuvres ont été exposées au Canada, en Grande Bretagne et aux États-Unis.
En six tableaux, cette série, nous montre des visages perdus et tourmentés, des corps errants. Tout est sombre et clinquant à la fois. À l’intérieur de chaque photo-peinture, une mise en scène particulière, un  dialogue scénique incompréhensible, dans un des tableaux les modèles se parlent mais que se disent-ils?, et surtout que nous disent-ils? , dans un autre ils essaient de s’entre-tuer mais pour quelles raisons. Ces tableaux réfléchissants, nous plongent dans une société au bord du chaos, où le peuple se voile la face, leurs yeux sont bandés, s’aveuglent-ils ? , ne désirent-ils pas voire la réalité en face? , ici l’artiste fissure le vernis de la propagande officielle pour dévoiler la déchéance et les damnés de la société.
Incomplétude ou Incompréhension, le symbolisme duquel se joue l’artiste, sort (se démarque)
de l’obscurité de la toile. Un sujet à la fois composé et arraché au réel, puisque cette construction arbitraire est une farouche représentation de la réalité. Une collaboration créative, entre la photographie et la peinture, un travail particulier sur le médium photographique se perçoit à travers ces portraits qu’il photographie et qu’il peint par la suite. Ces photographies sont retravaillées par des moyens non photographiques, elles prennent littéralement le visiteur en otage, pour le plonger dans l’image. Un jeu de l’œil et de l’esprit.
Entre la photographie de mode, la peinture  et le questionnement identitaire
. Mizo pose un regard critique sur la façon dont ce monde influence notre manière de percevoir la réalité .Une œuvre parfois trash, mais puissamment évocatrice.
A découvrir à la galerie Sirius
, 139 Bd Krim Belkacem, du 1er au 25 Avril 2016.

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Un commentaire pour « Un Con Scient », quand l’art, au-delà de l’esthétique, devient un objet de réflexion philosophique.

  1. Earl dit :

    Très bon article. Bravo!

    Aimé par 1 personne

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